"Don't care, Emily, daddy's gone away ..."
...y'avait comme un chemin qui partait de traviole, avec pas le moindre cul-de-sac, avec rien que des vrilles, et de la poudre aux yeux, pour faire
lanterne...
"Don't care, Emily, daddy's gone away ..."
*Souvenance...
Me retrouve plantée là, avec ce mot stupide, et ce mot stupide planté là qui se répète depuis 10j., enraciné dans mon oreille, murmure persistant...
Souvenance...
Blocage enrageant-j'ai froid dedans, j'ai rien que ce mot qui se siffle tout seul, crise d'angoisse-je me débats seule dans le noir-résistance-souvenance-cède ! il me reste souvenance collé en gras sur le cortex, et c'est con, un mot qui persiste comme un tube de l'été, et qui refuse d'être utilisé, découvert, décortiqué...
Il n'est pas une clé... rien que l'épingle plantée dans la poupée de moi, et qui se débat, et qui se débat...
-Cède ! *souvenance*
Cède bordel, laisse-toi prendre ! Souvenance !*
Image incongrue fixée dans l'instant, une araignée tissant, continuellement, son fil, et cherchant, absurde, à remonter à sa source...
... prochain épisode : sérologie et vice, et versa...
-'chais pas...
Le temps, la dynamique de la conscience à se représenter cet espace comme un simple défilement...
Le moment est un acquis, mais l'homme ne serait-il pas inapte à cette dimension particulière que prend le temps ?
Le temps sert-il si on se trouve incapable d'en faire un moment ? Un espace approprié ?
*L'exemple frappant, c'est cette perte progressive de l'envie même de prendre le temps d'en faire un moment, par exemple, le rythme de vie que la production intensive impose qui ne permettra bientôt plus la connexion réelle de deux êtres humains. (???) Qui s'est permis cette semaine de repousser un rdv « pas important »parce qu'il avait croisé une personne « importante » qui réclamait son attention ?
Un café à 8h, plus de 10mn de téléphone privé entre 2 clients ?*
L'homme n'est-il pas en train de perdre une dimension, à force de chercher à la contrôler ?
Le temps,un espace, une dimension, au même titre que celles que nos cinq sens basiques sont capables de percevoir.
C'est un espace dans lequel nous vivons, en permanence, mais que nous sommes incapables de concevoir, et de cause, d'en profiter pleinement.
Concrètement, savoir utiliser cette dimension, cette parcelle de nos vies, pourrait permettre à l'humain de prendre en main son histoire, de réaliser que le temps n'est pas un défilement, un passage, donnerait une nouvelle conscience à ses obligations et actions.
Parce que nous le subissons, comme nous subissons la matière, et que nous en dépendons de la même façon, d'un point de vue physique d'abord, mais aussi sur le plan de l'existence. Nous existons par le temps, par la matière, de la même façon, nous avons été façonnés par lui et nous sommes matière par lui.
L'écologie et ses dérives est un bon exemple de la façon que nous avons de traiter notre espace temps et notre espace matière communément.
L'immédiat prime. L'obsession du défilement nous pousse à avancer d'une certaine façon en ne regardant ni devant, ni derrière.
L'oubli.
Combien d'holocaustes ?
Combien de pollutions ?
Si l'homme était capable de faire abstraction du défilement pour se concentrer sur l'espace, ne serait-il pas à même de conserver une sorte de « mémoire* »permanente, en dehors de tout présent, passé, ou futur ?
L'espace matériel dans lequel nos corps évoluent, l'espace temps dans lequel nos corps évoluent, liés...
Quel est ce sens que l'homme doit apprendre à développer et qui permettrait d'influer et de profiter pleinement de cette dimension ?
***En sommes-nous, nous espèce, seulement capables, ou s'agit-il d'un prochain palier d'évolution ?
Théorie interrogative... n'est-ce pas surprenant...
*mémoire est le terme le plus approchant qui me soit venu, mais il ne peut s'agir de mémoire, relative à un temps passé
*** censurés
Prochain bulletin : Ma visite chez le psy... ça promet...mdr
Et bonne nuit !
Les méandres de mon cerveau se sont heurtés à pleine vitesse au mur de la réalité.
Oui.
C'est pas si terrible, ici l'illusion fanée, il me reste cent mondes à tracer de mon encre. Je suis toujours la petite fille qui regarde la fourmis passer, quand le monde, sous les yeux de l'adulte, se déchire sous le poids de l'humanité.
J'aurai bien le temps de mourir, en tant que telle, plus tard.
Mon regard encore trempe à la source des rêves les couleurs indispensables à mon existence.
Oui.
C'est pas si terrible, ici la réalité entrée, il me reste cent chimères à couvrir de mon cœur.
J'ai tant à découvrir. Tant de merveilles, tant de sombres dédales à explorer.
Et je refuserai systématiquement la moindre fleur de certitude, tant qu'au bout de ma branche, je souhaite ne jamais voir apparaître le moindre fruit. Si je marche, ce n'est pas après la carotte. C'est devant le vide qui me précède.
Et je m'étale.
Oui.
C'est pas si terrible. Je me rassure en contemplant mon petit chemin de cailloux, perdu entre illusion et réalité, entre ciel et mer, j'ai laissé les plages à ce qu'elles sont, de vulgaires cailloux d'ancrage au mieux, des récifs à naufrage, au pire. Dans tout les cas, la plage n'est qu'une extrémité... une espèce de certitude, peut-être... Un mieux, un pire, une fleur accrochée quelque part, et qui de ce fait, ne peut se trouver sur ma branche.
Non...
La réalité n'est pas amère. Elle est ce qu'elle est, brutale et sucrée, porteuse d'espoir, jonchée de drames.
L'illusion n'est pas douce. Elle n'est pas, avec tout le charme que cela comporte, parsemée de doutes et de solitude.
Ainsi l'un puise sa force dans l'autre.
Ainsi, je puise ma force dans mon passé.
Mais il n'y a aucune plage.
Merci de votre passage sur illusion-eat
Derdre

Il m'a traité !!!