Les méandres de mon cerveau se sont heurtés à pleine vitesse au mur de la réalité.
Oui.
C'est pas si terrible, ici l'illusion fanée, il me reste cent mondes à tracer de mon encre. Je suis toujours la petite fille qui regarde la fourmis passer, quand le monde, sous les yeux de l'adulte, se déchire sous le poids de l'humanité.
J'aurai bien le temps de mourir, en tant que telle, plus tard.
Mon regard encore trempe à la source des rêves les couleurs indispensables à mon existence.
Oui.
C'est pas si terrible, ici la réalité entrée, il me reste cent chimères à couvrir de mon cœur.
J'ai tant à découvrir. Tant de merveilles, tant de sombres dédales à explorer.
Et je refuserai systématiquement la moindre fleur de certitude, tant qu'au bout de ma branche, je souhaite ne jamais voir apparaître le moindre fruit. Si je marche, ce n'est pas après la carotte. C'est devant le vide qui me précède.
Et je m'étale.
Oui.
C'est pas si terrible. Je me rassure en contemplant mon petit chemin de cailloux, perdu entre illusion et réalité, entre ciel et mer, j'ai laissé les plages à ce qu'elles sont, de vulgaires cailloux d'ancrage au mieux, des récifs à naufrage, au pire. Dans tout les cas, la plage n'est qu'une extrémité... une espèce de certitude, peut-être... Un mieux, un pire, une fleur accrochée quelque part, et qui de ce fait, ne peut se trouver sur ma branche.
Non...
La réalité n'est pas amère. Elle est ce qu'elle est, brutale et sucrée, porteuse d'espoir, jonchée de drames.
L'illusion n'est pas douce. Elle n'est pas, avec tout le charme que cela comporte, parsemée de doutes et de solitude.
Ainsi l'un puise sa force dans l'autre.
Ainsi, je puise ma force dans mon passé.
Mais il n'y a aucune plage.
Merci de votre passage sur illusion-eat
Derdre





Il m'a traité !!!