J'ai pas fini d'exister en tant que Derdre, elle fait aussi partie de moi, et tant mieu si elle a son droit de parole.
Je suis en pleine crise de céphalée, je voudrais bien durer un peu mon article, je ferai au mieu.
Ici, malgrés l'illusion éclatée, j'ai des repères, des lettres, et mes mots.
Mes mots, les mots, qu'une certaine personne a odieusement jeté au bûcher.
Insultant tous les poètes, oui, le coups de gueule de Derdre piétinée dans ce qu'elle a de meilleurs à donner, les mots qu'elle dessine de ses rêves ( je vais craquer sur les
ponstan...non...si...non )---pause---
A l'aveugle je continue ce texte corrigerai après j'ai trop mal je dois garder les yeux fedrmés et jai trop besoinde dire ici ce qui me touche de plein fouet,.
Je ne supporte pas le manque d'ouverture d'esprit, les yeux fermés sur le probable et l'improbable, et me faire traiter d'hérétique par une personne que je respecte dans ses convictions les plus
fermées, temoin de jéhovas et ex partisan facho, je peux respecter même ça, mais les yeux fermés sur ce que je suis, me dire ...
je reprends l'histoire depuis le début
Je parlais de la force que je donnais aux mots à une personne qui m'est très chère.
Cette vie que chaque mot possède, qui de manière singulière le rend attachant et attaché à d'autres mots. Le fait qu'il fallait parfois écouter les mots, qu'ils pouvaient pleurer, chanter, rire,
hurler...
C'est une des choses qui me pousse à écrire.
Ou plutôt, écrire parce que les mots me poussent à le faire ...
Dans la réponse de cette personne, j'ai simplement ressenti... comment dire..."et pourtant, elle tourne..."
J'ai bien failli croire que j'avais pas suffisamment confiance en moi pour savoir, quand même, ce que je ressentais.
Croire que j'avais pas suffisamment confiance en moi pour pardonner à cette personne son manque d'ouverture.
Je suis pas folle quand même.
Si?
Hérétique ?
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Pathétique peut-être...
J'ai encore du mal à admettre que beaucoup de gens ne ---
J'ai dû attendre dans le noir que la douleur passe.
J'avais pas fait de crise aussi forte depuis presque 3 ans. L'impression de crever d'une douleur que rien ne peut faire passer.
Parce qu'avoir une migraine à en vomir est incontrable. Impossible de penser à autre chose, impossible de faire le vide, de se détendre, puisque le moindre effort cérébrale intensifie le mal.
J'ai réussi à m'endormir au bout de 3heures, je n'avais que cet échapatoire.
Certaines heures sont terriblement longues, sont terriblement seules.
Les mots.
Ils m'accompagnent depuis toujours, quel que soit mon nom, ils sont mes frères, mes enfants, mes parents. Je n'ai besoin que d'eux pour exister, une dépendance soit, une folie, peut-être,
je ne sais pas.
Est-ce que le fait de ressentir dans le plus petit mot toute sa force fait de moi une malade mentale ?
C'est possible, comme il est possible que toute création soit issue d'une pathologie exceptionnelle.
Quand j'écris, je n'essaye pas seulement de raconter une histoire, de passer un message, d'utiliser le mot convenable, de l'utiliser dans le seul but de le rendre approprié.
Non.
Chaque mot peut avoir sa propre histoire dans l'histoire.
Je ne suis pas suffisament douée pour y parvenir encore. Mais je travaille.
Il y a des mots si puissants qu'ils sont à eux seuls bien plus que tous les mots que je pourrais trouver pour les découvrir.
Gris.
Gris est une symphonie d'image, une aube claire sur une plaine recouverte de neige, un container métalique frappé par un adolescent rageur, une note sourde et piquante dans le coeur...
Le mot appelle ce qu'il y a en chacun de nous. Une vision intime de sa propre expérience.
Certains composent avec les sons.
Que voient-ils dans les gammes ?
D'autres composent avec les couleurs.
Mais le principe reste le même.
Des textures, des tons, des variations, des rythmes, des accords, des thèmes...
Je jette ici ce que j'ai parfois l'impression d'être seule à comprendre.
Je me rappelle maintenant l'instant où j'ai arrêté de me dire qu'en travaillant bien à l'école je me ferai ma place dans les bibliothèques.
J'avais 14 ans.
Et je me suis rendue compte que mon professeur de français ne faisait que contrôler l'orthographe et la grammaire des textes que des élèves s'efforçaient de rendre vivant.
A coups de triques verbales cinglantes, il destructurait le moindre éclat pour le rendre correct.
Correct, incorrect-quand l'adolescence offre toute sa folie nue, tous ses doûtes brillants-correct, incorrect.
Mes notes sont redescendues sur terre, même plus bas encore.
J'écrivais pour moi, pour carresser le rêve de voir au-delà des mots, plus bas et plus haut que tout ce qui avait été fait.
J'ai foiré mon passage au collège, je refusais de faire partie de ces gens pour qui l'acquis est une valeur sûre.
Passée en apprentissage, j'ai maintenu une moyenne juste satisfaisante. Histoire de montrer simplement que je pouvais le faire.
L'écriture s'éloignait de moi.
Et il y a eu le prof.
Un mec complétement bargeot.
Il passait ses pauses seul à réciter tous les poètes à demi voix. Juste pour lui.
Je ne comprenais pas ce qu'il fouttait à enseigner le français dans une classe de Cfc, dont certains élèves étaient incapables même de construire une phrase avec un verbe conjugué.
Il passait ses cours à lire à haute voix des auteurs accessibles, pour ne pas dire minables ( ... faire lire les élèves était au-dessus de ses forces, c'était un massacre, même pour les textes
les plus simples), et ses pauses à réciter les plus grands poètes.
Après avoir corrigé une épreuve de composition, il m'a demandé, un peu surpris, pourquoi j'étais en classe CFC.
Ma réponse lui posait la même question.
Il est inutile de connaître par coeur les mots d'un texte.
Je me suis remise à écrire.
Sans jamais penser au devenir de mes textes.
Pour moi, pour les mots.
Pour revenir à mon histoire d'ouverture d'esprit, l'énervement qui a conduit à ce post, et qui doit être en partie responsable de ma douleur, je n'ai pas besoin qu'on me dise que je ne suis pas
seule.
Je le sais.
Et même le fer rouge ne me fera pas dire le contraire.
Il m'a traité !!!