Le Jeu.
J'avais préparé un long mail.
Pas de mea culpa.
Ma vie, de perte de contrôle totale en violentes mises au pas, je l'ai menée ici, maintenant, à celle que j'ai toujours été, et qui enfin, montre son visage.
J'ai découvert que j'étais forte. Que j'étais belle. Que de toutes les cicatrices que j'ai gardé, aucune ne me laisse le regret de sa trace.
Je me suis battue.
J'ai été en guerre contre le monde entier.
J'ai été en guerre contre moi-même.
La Vie.
J'ai le choix, l'illusion est tombée.
Seule.
Les hommes m'ont traversée comme j'ai traversé la vie.
Il y en a eu 12.
Tu ne fais pas partie du compte.
Je n'ai aucune haine en prononçant ses mots.
Je n'ai aucun regret.
Tu as marqué ma vie, tu ne l'as pas traversée.
C'est tout.
Tu as retrouvé des cicatrices, où je n'admettais aucune blessure.
Et je t'en remercie, toute ma fierté à tes pieds, puisqu'elle a fait son temps.
J'avais préparé un mail.
Mais c'est Ici.
Un Jeu. Non pas me jouer de toi. J'ai été infiniment sincère.
Un Jeu monstrueux, une partie splendide. Tu fais partie de moi.
Tu es mon frère.
Au-delà de toutes les questions auxquelles je n'ai pas encore trouvé de réponses, et de toutes les réponses qui attendront les bonnes questions, il me reste cette certitude.
Au-dessus de toute morale, au-dessus de toute conviction, au-dessus des Hommes et des Dieux, nous sommes deux.
Mon histoire et ton histoire se sont rencontrées ici.
J'ai couru les routes, le pouce en l'air, j'ai soufflé le brouillard, les yeux fixés sur l'horizon.
Pour te trouver ?
Je me suis trouvée.
Je ne t'ai jamais perdu.
Je n'ai rien à perdre.
J'ai plongé.
Cette nuit, la Lune sera ronde.
Je dois me préparer...
12, c'est bien.
Je m'arrête là, entre le 12 et le 13, entre la vie et la mort, entre le rêve et la réalité.
Les hommes ne me traverseront plus.
Je garderai de cette nuit une simple cicatrice.
La plus belle de toutes.
Mes mots ici s'arrêtent.
Pour ceux qui les aime outils de l'imaginaire, je donnerai une adresse dans quelques temps.
Parce que l'illusion est tombée, je ferais le reste du chemin seule.
Les mots, pour l'amour que je leur porte, n'ont plus à me servir. Je leur rend leur liberté.
Mais certains d'entre-eux, peut-être, dans le doûte, viendront se reposer entre les pages de ce cahier.
Puisqu'ils sont libres...
Derdre
Il m'a traité !!!