Il aurait fallu que je choisisse, que j'en aurais été incapable.
Écrire.
Mes yeux crochaient à l'obscurité dure de ma chambre.
Besoin de médics, dormir, oublier que je dois écrire. Que j'en ai besoin.
Écrire.
Je me voyais déjà, larmoyante et cernée, devant le doc. "j'ai mal, je suis barge, filez-moi des cachets, mes mots me violent, toutes les nuits, je veux dormir... "
1h30
Je ne dors pas.
J'ai des étoiles plein les yeux.
2h30
Je ne dors pas.
J'ai des étoiles dans la tête.
Mes yeux s'accrochent encore à mon plafond, que je ne vois pas, que j'essaye d'imaginer là, collé à mon ciel.
3h15
Une clope.
Je n'arrive pas à arrêter.
Me ronger les ongles.
Je n'arrive pas à me défaire de cette sale manie.
5h00
Écrire.
Besoin compulsif, ou simple torsion cérébrale, une vrille des neurones, un flux électrique qui me bouffe le cortex. Je rigole. Puis je sens les larmes qui montent. Dormir.
8h00
J'ai dû m'effondrer entre 5h45 et 6h30, sous les bruissements de la ville qui se relève de la nuit.
Mais alors, pourquoi tu te fais du mal ?
Saleté de réalité.
Je me présente, je suis la bouseuse improbable, dont la plume torve maquille les roses en fleurs carnivores.
Et cela ne va pas.
Cela ne convient qu'à moi.
Je suis seule.
Je suis très bien seule, cela dit.
Mais cela ne va pas.
Cela ne convient pas.
On m'a tamponnée asociale de mon quartier. Asociale tout court en fait.
***j'aime ne pas avoir à croiser le bonjour des gens, mais cela ne convient qu'à moi***
Personne ne voit ce que j'écris. Parce que vois-tu ( je me parle à la deuxième personne, pour changer), je suis une bouseuse à plume torve, que ça fout la trouille à mon entourage, ce que
j'écris. Quand on comprend ce que j'écris. Donc, ça ne se lit pas. Ça ne fait que respirer indépendamment de ma volonté. Piètre en l'occurrence.
Ainsi, je me retrouve, les yeux ouverts, dans ma chambre noir, à fixer un put***de plafond dont je ne suis même pas certaine de la put*** de probabilité d'existence.
Voilà. L. a encore frappé, elle se fout encore dans tous ces états pour un truc aussi improbable qu'un texte écrit en jus de mouche sur le torchon d'une cuisinière portugaise.
Ha. Ha. Ha.
Dieu que je m'aime.
dixit mon lecteur apprivoisé : on admirera la maîtrise du verbe, mais dieu que c'est improbable...
PS : voui, certains textes ici ont tendance à se faire la malle. C'est pas grave, ils finiront bien par ressortir quelque part...
C'est pareil ailleurs, aussi, et non, c'est toujours pas grave.



Il m'a traité !!!